Lucien Rosengart

 

LUCIEN ROSENGART sa vie, son oeuvre

 

Lucien Rosengart au 5éme rang des producteurs automobiles français.

 

 

Qui connaît réellement l’histoire de Lucien Rosengart et de sa longue vie dans différents domaines ?

1881 : naissance à paris de Lucien Rosengart fils de David Rosengart et de Rosalie Willig d’origine juifs polonais.

1883 : à 12 ans Lucien Rosengart obtient un CAP de mécanique.

1901 : Lucien Rosengart est appelé au 17 ème bataillon de chasseurs à pied.

1902 : il part à Biskra (Algérie) comme Secrétaire d’Etat Major. Cela durera 25 mois.

1903 : en fin d’année Lucien Rosengart crée sa première entreprise Rue St Sébastien à Paris.

  • 6 mois plus tard il déménage Rue de l’Atlas et il a déjà 10 salariés.
  • 3 ans plus tard il emploie 56 salariés et déjà ses premières inventions sont connues comme l’Alternacycle et ma Dynapoche.

Après avoir fabriqué des obus, des boulons, des fixations pour rails de chemin de fer etc… il aide André Citroën à se relever d’une mauvaise posture financière en 1919 lors du lancement de la Type A. Il devient alors Directeur Adjoint des usines Citroën tout en conservant sa propre usine où travaillent 4500 salariés. Cela durera jusqu’en 1924 où après le lancement de la 5 CV Citroën, les essais de la Kégresse, l’expédition dans le Sahara etc…et de meilleures finances, les 2 hommes se séparent.

Lucien Rosengart n’ayant pas été vacciné, il attrape le virus de l’automobile et dès lors il ne cessera de penser à ce moyen de transport.

Peugeot ayant des difficultés de gestion on sollicite Lucien Rosengart pour son aide précieuse.

Chez Peugeot il était de rigueur d’être discret, avec Lucien Rosengart ce sera tout le contraire et il organise plusieurs évènements publicitaires comme : offrir une 5CV Peugeot aux 25 meilleurs écoliers de France, donner de l’agressivité au Lion qui de couché devient debout, faire participer Peugeot à la Coupe Florio et la gagner, inventer le premier moteur hors-bord, créer Peugeot marine et construire des canots Peugeot. Il crée en 1926 le premier Salon Nautique dont il deviendra le Président et le restera jusqu’en 1952.

         Mais les années passent, nous sommes en 1927, les relations Peugeot – Rosengart se sont un peu ternies suite à une erreur de Lucien Rosengart qui souhaitait exporter les Peugeot aux U.S.A. Lucien Rosengart quitte Peugeot et devient à 46 ans constructeur automobile.

Il le restera à plein temps jusqu’en 1938 où sentent un vent venir de l’est et vu ses origines juives, il vend une grande partie de ses actions à la S.I.O.P. (société industrielle de l’ouest parisien ) qui devient constructeur des automobiles Rosengart.

Que de péripéties durant cette guerre où il devient tantôt jardinier, tantôt maire d’un petit village… A la fin de la guerre Lucien Rosengart souhaitait reprendre ses activités, mais les temps ont changé, il n’est plus le grand constructeur qu’il a été, il s’en offusque et se retire des affaires à 64 ans.

Il viendra habiter à Villefranche-sur-Mer et deviendra peintre naïf. Il participera même à quelques expositions plutôt par sympathie que par prétention, mais continuera toujours à inventer et à déposer des brevets (près de 130 au total ) .

Il s’éteindra le 7 Juillet 1976 à Villefranche-sur-Mer .

L’AUTOMOBILE CHEZ LUCIEN ROSENGART

Son  idée était une petite voiture, pas chère et sa devise : l’auto n’est plus un objet de luxe mais un outil de travail, et tout cela donnera plus tard « la grande marque française des petites voitures «. La première L.Rosengart est une 5 CV, petite, légère, bon marché, mais de grande qualité ce qui incite le constructeur à se lancer dans les défis, des records, des raids avec des équipes d’usine, hommes et femmes durant les 4 premières années de construction. Le nombre de participations et de records de ces petite autos est incroyable, nous en reparlerons bientôt dans un livre consacré à la marque « Il était une fois Rosengart «.

Les voitures L.Rosengart à partir de septembre 1928 jusqu’à la déclaration de la 2 ème guerre mondiale seront toutes des productions L.Rosengart, parfois sous licence Austin pour les premières séries et Adler pour les premières supertractions qui sortiront d’usine avant la traction Citroën soit en 1933.

Après les LR2 et LR4 et tous leurs dérivés dont les sports, il y aura une

Tentative assez peu fructueuse, de faire une 6 CV 6 cylindres de 1120 cm3 sous différents noms et carrosseries. Mais si ces véhicules étaient les vedettes des concours d’élégance et salons, elles étaient aussi le cauchemar des concessionnaires pour des problèmes de graissage du vilebrequin entre autre. Il y en a eu quand même pas mal de fabriquées et il en reste encore bon nombre en collection.

Puis en 1936 naquit la LR4N2, la plus connue des L.Rosengart sous toutes ses carrosseries et la plus vendue avec son 4 cylindres de 747 cm3 tout simple et solide, bon nombre d’entres elles roulaient encore en usage courant dans les  années 60.

 Depuis 1932 Lucien Rosengart avait 1000 concessionnaires en France et plus de 5000 en Europe. Les LR4N2 furent construites à environ 200000 exemplaires tous modèles confondus de 1936 à 1939. A ce jour il en reste une très importante quantité chez les amateurs.

Les Supertractions qui sortirons juste avant la guerre sont les plus connues

des grosses L.Rosengart. La carrosserie est 100 % Rosengart, mais elles seront équipées du groupe propulseur Citroën. Il y en aura en tout moins de 2000 de fabriquées avec une grande majorité de cabriolets ( 6 places ) quelques coupés

et 2 ou 3 berlines 4 portes. L.Rosengart en conservera une jusqu’à la fin de ses jours. Le gouvernement de l’époque avait décidé d’équiper le parc officiel de cette magnifique auto, mais seul un ministre aura la sienne avant la déclaration de guerre, les autres ne seront jamais livrées.

Enfin vint la mystérieuse Supertrahuit plus grosse que la Supertraction, plus longue, plus large, plus lourde mais équipée d’un V8 Mercury de 22 CV, cette voiture en 1947 est très à la mode, mais l’usine SIOP fabricant les Rosengart, n’a pas les moyens de la fabriquer. A notre connaissance, Lucien Rosengart conserva aussi la sienne (une des 3) jusqu’à la fin, elle est la propriété d’un membre du club et totalise moins de 15000 Km. Le cabriolet qui a fait la une de tous les journaux de l’époque, a disparu et la 3 ème traînait en épave non récupérable du côté de Toulouse dans la fin du siècle dernier.

De nombreux acheteurs de cette voiture se sont vus restituer leurs acomptes de commandes par l’usine qui jugeait ne pas pouvoir honorer leurs engagements.

La SIOP fabriqua quand même quelques voitures de petites cylindrées dans le début des années 50 : Vivor ; Ariette et leurs dérivés. Ces 2 voitures étant équipées du petit 4 CV latéral qui était devenu obsolète vis-à-vis de la concurrence 4 CV Renault, Aronde etc. leur succès fut éphémère. Dernière tentative avec la Sagaie en différente version de carrosserie, très jolie mais cela ne suffira pas. Elle était équipée d’un moteur 2 cylindres à plat de 4 CV. Ce sera la fin de la SIOP en 1954.

 

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